Un webmaster m'a fait part d'une attaque d'un réseau zombie qu'il a subi dernièrement sur ses serveurs web. Je vais essayé de vous l'expliquer le plus simplement possible.
Perception de l'attaque :
a. Coté utilisateur : Trés grosses lenteurs d'accès aux pages web du site, voire impossibilité d'affichage de la page d'index (la page de bienvenue du site)
b. Coté serveur internet : Le microprocesseur est à 100% d'utilisation, des milliers de processus du serveur web/http surchargent la mémoire
c. Coté administrateur / webmaster : Vérification des régles de parefeux : Rien d'anormal, vérifications auprès du provider internet : rien d'anormal...
Que se passe-t-il ?
1. Après investigation du webmaster et de l'administrateur, des milliers d'ordinateurs sont en train de télécharger un fichier présent au téléchargement sur le site web attaqué.
2. Ces milliers d'ordinateurs téléchargent le fichier du site web attaqué avec une toute petite bande passante.
Que peut-on constater dans ce cas :
1. On s'appercoit, sur le serveur web attaqué, qu'une multitude de processus de serveur http sont chargés en mémoire, visant à faire tomber la machine via un 100% CPU (micro-processeur) et qu'une saturation mémoire et swap sont proches
2. Que ces processus de serveur http ne s'arreteront pas tant que le fichier n'est pas totalement téléchargé, ne liberant ainsi le serveur que dans quelques heures.
Différentes théories de paliatifs contre cette attaque de denis de service (appelé D.O.S) :
1. Imposer des limites de processus au système, mais elles peuvent nuire à la production habituelle du nombre de pages web visitées au quotidien
2. Filtrer les adresses IP : Mais certaines IP peuvent avoir un incident de blocage de connexion pour l'utilisateur non perturbateur, car son adresse IP peut être filtrée
Solution :
Partant de ce constat, il s'est avéré que la seule méthode, la plus efficace, était de capturer (blacklister) ces IP perturbatrices, non pas en les annulant, car l'attaquant pourrait attendre que toutes les adresses IP de son réseau zombie changent, mais de lui faire croire que son attaque fonctionne sans pour autant perturber le système.
Pour ce faire, une solution de 'pot noir' en linux existe qui consiste à répondre à la requête d'une adresse IP mais la diriger vers 'rien'
Aprés une fantastique saisie des adresses IP, et une recherche de géolocalisation des adresses IP, il s'est avéré que l'attaque venait d'Asie. Par conséquent, un 'pot noir' temporaire des adresses IP venant de ce pays s'est avéré la solution la plus efficace, sans trop de perte de productivité commerciale pour l'entreprise.
Conclusion :
Les hackers qui contrôlent les réseaux zombies peuvent provoquer un cyber-désordre d'une entreprise, d'un grand groupe international, juste en télécommandant des attaques programmées, par pays, par région sous forme de denis de services (D.O.S.), pour ensuite effectuer des chantages financiers ....un arret de l'attaque contre une somme d'argent...
Les machines zombies ne sont, en fait, que des ordinateurs que nous utilisons au quotidien, mais qui ont été infectés par une backdoor (porte dérobée) et d'un BOTNET (qui envoie régulièrement l'adresse IP de la machine au hacker). Le hacker peut ainsi prendre le contrôle du poste en entrant dans le système via la porte dérobée.
La seule solution aujourd'hui, pour éviter que notre ordinateur n'entre dans un réseau zombie, est une protection antivirale équipée d'un module proactif de défense, une analyse heuristique qui complète une mise à jour des bases antivirale (la plus fréquente possible), et une analyse en temps réel qui analyse TOUT TYPE de fichiers.
Les hackers d'aujourd'hui ne sont plus les hackers que nous avions, il y a 10 ans encore (qui ne montraient que des preuves comme quoi les systèmes pouvaient être vulnérables)... Non! les hackers d'aujourd'hui sont bel et bien de réels businessmen, et là ......
Où s'arrêteront leurs limites? Dans ce cas, est-ce que la limite est celle qu'un homme peut attendre dans sa quête de richesse ou de pouvoir ?